Les Mosellans enrôlés dans l'armée allemande - Mercy-le-Haut 1914-1918

Mercy-le-Haut 1914-1918

Mercy-le-Haut 1914-1918

Les Mosellans enrôlés dans l'armée allemande

Les Mosellans enrôlés dans l'armée allemande

 

 

Plusieurs régiments allemands engagés dans la bataille de Mercy-le-Haut étaient basés à Metz ou à Thionville. En principe, le recrutement des régiments allemands étant régional, ces régiments auraient dû être composés majoritairement de recrues lorraines.

 

Cependant, l’état-major allemand n’était pas certain de la loyauté de ces recrues. Il avait donc choisi d’incorporer dans ces régiments lorrains une majorité d’Allemands originaires de la Sarre ou de régions proches du Rhin. Les Lorrains étaient minoritaires.

 

Beaucoup de Lorrains étaient incorporés dans les régiments qui se battront sur le front russe.

 

Ces jeunes Lorrains de Moselle étaient nés vers 1890 environ. A leur naissance, la Moselle était allemande depuis 20 ans. Ils ont fait leurs études dans des écoles où se trouvaient de nombreux allemands de souche. Ils sont écartelés : d’un côté, les racines françaises, la langue française parlée en famille, de l’autre, une camaraderie qui s’est créée entre jeunes du même âge, toutes origines confondues.

 

Les journaux de route des régiments français mentionnent plusieurs cas de désertion de Lorrains. (Voir notamment le témoignage du Colonel Boichut).

 

Voici quelques noms de soldats mosellans tombés à Mercy-le-Haut (22 août 1914) ou à Boudrezy (21 août 1914) sous l’uniforme allemand.

 

 

Source: monuments aux morts de communes du département de la Moselle

 

Wilhelm KROLPFEIFFER, 5ème Compagnie, IR98,

tué à Boudrezy le 21/8/1914

Monument aux morts de Ebersviller-Férange (arrondissement de Boulay, Moselle)

ADM-19J386

 

Michel GAUDY, 5ème Cie, IR98,

tué à Boudrezy le 21/8/1914

Né le 17/7/1880 à Chemery

Domicilié à Metzeresche

5ème Compagnie, IR 98

Monument aux morts de Chemery-les-Deux (près de Bouzonville, Moselle)

ADM-19J386

 

Paul CHEVREUX, IR 173,

tué le 22/8/1914 à Mercy-le-Haut,

Schwer verwundet (grièvement blessé)

 

Victor GANGLOFF, IR173

Né 7/10/1888 à L’Hôpital (Spittel), canton de Saint Avold, 57 Moselle

Instituteur

Tué 22/8/1914 à Mercy-le-Haut (porté disparu)

Source: relevé des archives municipales

 

Guillaume Otto MARTER, IR173

Domicilié à Creutzwald

Né 6/9/1891 à Baut Oldenburg

Tué le 22/8/1914 à Mercy-le-Haut

8ème Compagnie, IR 173

 

Felix WENZEL

Soldat, IR 98 de réserve

Tué le 21/8/1914 à Boudrezy

26 ans, célibataire

Monument aux morts de Boulange (Moselle)

 

Les Mosellans inscrits sur les monuments aux morts des communes de Moselle figurent avec la mention "A nos victimes de la Grande Guerre 1914-1918".

 

 

Source: archives départementales de Moselle / Combat de Boudrezy (21 août 1914)

 

Soldats de l’armée allemande d’origine mosellane morts au combat de Boudrezy le 21 août 2014. Régiments : IR 98 et RIR 98

 

Ces soldats sont listés sur le site du département de la Moselle comme étant Mosellans. Les soldats nés en Allemagne étaient probablement des Allemands de souche qui s’étaient établis en Moselle après 1871. A vérifier.

 

Selon le tableau fourni par le site du département de la Moselle, les soldats appartenaient à 2 régiments : le 98ème régiment d’infanterie (IR 98), et le 98ème régiment d’infanterie de réserve (RIR 98). Il s’agit probablement d’une erreur : c’est l’ensemble des soldats qui étaient incorporés dans le RIR 98.

 

 

Nom

Name

 

 

Prénom

Vorname

 

 

Lieu de naissance

Geburtsort

 

 

Regiment

 

 

AFFLER

Mathias

MARING-NOVIANT (Rhénanie)

RIR 98

ASSMANN

Ludwig

GEHLWEILER (Rhénanie)

IR 98

BAUMANN

Heinrich

WITTLICH (Prusse, prov. Rhin, aujourd'hui Allemagne, Rhénanie-Palatinat)

RIR 98

BEIL

 

BETTEMBOURG (1)

Joseph

 

Jacques

SIEGEN (Bas-Rhin)

 

RUSTROFF

RIR 98

 

RIR 98

BUHMANN

Otto Klaus

GRAUEL (Silésie)

IR 98

CAUDY

Michel

CHÉMERY-LES-DEUX (Moselle)

IR 98

DONNEN

Michel

FLASTROFF (Moselle)

RIR 98

FRANCOIS

Ferdinand Joseph

MOYEUVRE-GRANDE (Moselle)

RIR 98

GROSS

Heinrich

EMMERSWEILER (Prusse, prov. Rhin, aujourd'hui Allemagne, Sarre, comm. Grossrosseln)

RIR 98

HENTZ

Paul

DIEUZE (Moselle)

IR 98

HERRES

Karl

BETTENFELD (Rhénanie)

RIR 98

HORNET

 

KAPPES

Jean

 

Peter

GUÉNANGE (Moselle)

 

ZELTINGEN (Rhénanie)

RIR 98

 

RIR 98

KEUCHE

Willy Richard Ernst

BERLIN (Prusse, Brandebourg, aujourd'hui Allemagne)

ou WETZLAR

 

RIR 98

 

Note (1): Selon les archives de Moselle, le lieu de décès de BETTEMBOURG est Boudrezy ou Audun-le-Roman. Cette incertitude pourrait s'expliquer de la façon suivante: BETTEMBOURG aurait été grièvement blessé le 21 août 1914 au cours du combat dans le bois de Boudrezy, puis ramené dans la soirée à Audun-le-Roman lorsque le 2ème bataillon du RIR 98 s'y est replié. Il y serait décédé des suites de ses blessures.

 

 

 

Nom

Name

 

 

Prénom

Vorname

 

 

Lieu de naissance

Geburtsort

 

 

Regiment

 

 

KLÄSER

Peter

KASTELLAUN (Prusse, prov. Rhin, aujourd'hui Allemagne, Rhénanie-Palatinat)

RIR 98

KRÄMER

Mathias

ZEMMER (Prusse, prov. Rhin, aujourd'hui Allemagne, Rhénanie-Palatinat)

RIR 98

LAND

Adolf

ROHRBACH (Prusse, prov. Rhin, aujourd'hui Allemagne, Rhénanie-Palatinat, Rohrbach bei Baumholder)

RIR 98

MARX

Jean

ENTRANGE (Moselle)

RIR 98

MATHIS

François

VOLKRANGE (Beuvange-sous-Saint-Michel, aujourd'hui comm. Thionville) (Moselle)

IR 98

OCKFEN

Johann Baptist

FREUDENBURG (Prusse, prov. Rhin, auj. Allemagne, Rhénanie-Palatinat)

RIR 98

PFEIFFER

Wilhelm

LAUBUSESCHBACH (Prusse, Hesse-Nassau, aujourd'hui Allemagne, Hesse, comm. Weilmünster)

RIR 98

RENOIR

Joseph

OEUTRANGE (aujourd'hui comm. Thionville) (Moselle)

IR 98

SCHLESSER

Camille

AUMETZ (Moselle)

RIR 98

SCHMIDT

Hugo

WOLF (Prusse, prov. Rhin, aujourd'hui Allemagne, Rhénanie-Palatinat, comm. Traben-Trarbach)

IR 98

SCHMITT

Johann Nikolaus

MEHRING (Rhénanie)

RIR 98

WENZEL

Felix

STENSCHEWO (Posnanie)

RIR 98

 

 

Source: archives départementales de Moselle / bataille de Mercy-le-Haut (22 août 1914)

 

Soldats de l’armée allemande d’origine mosellane morts à la bataille de Mercy-le-Haut le 22 août 2014. Régiments : IR 30 et IR 173

 

Ces soldats sont listés sur le site du département de la Moselle comme étant Mosellans. Les soldats nés en Allemagne étaient probablement des Allemands de souche qui s’étaient établis en Moselle après 1871. A vérifier.

 

Ces soldats appartenaient aux 2 régiments allemands qui, le 22 août 1914, ont attaqué le village de Mercy-le-Haut : le 30ème régiment d’infanterie (IR 30), et le 173ème régiment d’infanterie (IR 173).

 

Le IR 30 était basé à Saarlouis (Allemagne). Son recrutement était presqu’exclusivement allemand. Par contre, le IR 173, basé à Saint-Avold (Moselle), incorporait un assez grand nombre de recrue d’origine mosellane. Cependant, l’état-major allemand, ayant des doutes sur la loyauté de ces recrues, incorporait dans ce régiment de nombreux soldats en provenance de diverses régions du Reich.

 

 

Nom

Name

 

 

Prénom

Vorname

 

 

Lieu de naissance

Geburtsort

 

 

Regiment

 

 

ANDRÉ

Paul

VOLMERANGE-LÈS-BOULAY (Moselle)

IR 30

CHEILLETZ

Auguste

FOVILLE (Moselle)

IR 173

8. Kompanie

DECKER

Alfred

WESTERFILDE (Westphalie)

IR 173

7. Kompanie

GANGLOFF

Victor

BERLING (Moselle)

IR 173

8. Kompanie

HERZBERG

Emil Franz Heinrich

BERKENBRÜGGE (Prusse, Brandebourg, auj. Pologne, Brzeziny)

IR 173

1st Kompanie

HOERNER

Nicolas

HOMBOURG-HAUT (Moselle)

IR 173

MARTER

Wilhelm Otto

BANT (Oldenbourg, auj. Allemagne, Basse-Saxe)

IR 173

8. Kompanie

STREHLOW

Paul

KOLBERG (Poméranie)

IR 30

WEISS

Isidore

SEINGBOUSE (Moselle)

IR 173

3. Kompanie

WELT

Victor

SEINGBOUSE (Moselle)

IR 173

 

 

 

Quelques destins individuels

 

Felix WENZEL

Le cas de Felix WENZEL est particulièrement frappant : il habitait à Boulange, à 2 km de la frontière franco-allemande, mais du côté allemand. En 1871, les Français et les Allemands avaient négocié le tracé de la frontière dans le pays-haut: Boulange faisait partie des communes qui ont été "échangées" contre le territoire de Belfort.

A 2 km près, ce Mosellan a donc été enrôlé dans l’armée allemande ! Il est mort à Mercy-le-Haut, à 11 km de chez lui, en combattant des soldats français.

 

Victor GANGLOFF

Victor GANGLOFF, tué le 22 août 1914 à Mercy-le-Haut, était originaire de Berling, dans l'est de la Moselle. Il existe toujours une famille Gangloff à Berling.

On note qu'un certain Jules Charles GANGLOFF, né à Sommeilles (55), soldat au 154ème RI, a été tué à Fillières le 22 août 1914, sous l'uniforme français. Peut-être ces deux GANGLOFF étaient-ils cousins ? 

 

Eugène SCHMIT (voir note)

Ces informations sont extraites d'un document privé. La famille n'ayant pu être jointe, le nom a été modifié. 

 

Eugène Schmit (le nom a été changé) est né au début des années 1890, dans une commune du nord de la Moselle (Lorraine annexée) très proche de la frontière luxembourgeoise. Il est employé dans une société industrielle lorsqu’il est mobilisé dans l’armée impériale allemande.

Au cours de la guerre, il est affecté à différentes unités :

 

  • Août 1914 à début 1916 : (3. Lothringisches) Infanterie-Regiment Nr.135. Ce régiment d’infanterie (le 3ème lorrain) est stationné à Thionville (Diedenhofen). Avec ce régiment, Eugène Schmit a participé aux combats de Higny et Preutin le 22 août 1914 en fin d’après-midi. Il a combattu en Argonne pendant toute l’année 1915.

 

  • Début 1916 à fin 1917 : Eugène Schmit est affecté à des régiments combattant sur le front de l’est.

 

  • Fin 1917 à novembre 1918 : après le cessez le feu conclu entre l’Allemagne et la Russie, son régiment revient sur le front de l’ouest. Eugène Schmit participe aux combats en Picardie, puis en Flandres lors du recul des armées allemandes.

 

Comme la plupart des Alsaciens-Mosellans, Eugène Schmit aura combattu pendant une grande partie de la guerre sur le front de l’Est.

 

Eugène Schmit accède au grade de sous-officier sur le front de l’est.

 

Alsacien-Lorrain réintégré de plein droit dans la nationalité française en vertu des dispositions du traité de Versailles, Eugène Schmit se voit dès lors astreint aux obligations militaires françaises.

 

En 1920, lors de l’établissement de son livret militaire par le bureau de recrutement de Thionville, Eugène Schmit, sous-officier dans l’armée allemande, est reclassé soldat de deuxième classe dans l’armée française... 

 

En août 1939, Eugène Schmit est mobilisé. En octobre 1939, sa famille est évacuée dans le centre de la France. Elle revient en fin 1940. Eugène Schmit décède un an plus tard.

 

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18/11/2013

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