Les réfugiés - Mercy-le-Haut 1914-1918

Mercy-le-Haut 1914-1918

Mercy-le-Haut 1914-1918

Les réfugiés

 

Les réfugiés de Mercy-le-Haut et Boudrezy en 1914-1918

 

 

Les réfugiés / les évacués

 

 

Pendant la guerre, des habitants des régions envahies se sont réfugiés en France, en zone non occupée par les armées allemandes.

 

Ce mouvement de population s’est fait à plusieurs périodes.

 

Il y eu d’abord les habitants qui ont fui juste avant les combats, ou même pendant les combats. Autour de Mercy-le Haut, on connait les cas de Audun-le-Roman, Malavillers, Xivry-Circourt.

 

A Malavillers et Audun-le-Roman, le 22 août au soir, la quasi-totalité des maisons étaient brulées. Les habitants se sont réfugiés d’abord dans les communes voisines, puis certains d’entre eux ont fui immédiatement vers les lignes françaises. A Xivry-Circourt, dans la soirée du 22 août, sous le bombardement de l’artillerie allemande, plusieurs habitants ont fui vers Réchicourt. Certains d’entre eux, comme Charles Bauchot, n’ont pas été loin : pris sous les tirs de l’artillerie à la sortie de Xivry-Circourt, ils sont vite revenu sur leurs pas pour se mettre à l’abri dans le village.

 

Dans les jours qui ont suivi la bataille des frontières, c’était encore la guerre de mouvement. La ligne de front n’était pas encore étanche. Des habitants de la région de Mercy-le-Haut en ont profité pour rejoindre Verdun, en traversant des zones de combat et en courant de grands dangers.

 

A Mercy-le-Haut, une vingtaine d’habitants du village, dont l’abbé MARTIN, curé du village, sont partis se réfugier à Homécourt, près de Briey. Ils ont fui le village après la bataille, le 24 août ou un peu plus tard. Ils ont traversé la région occupée par les troupes allemandes. Ils sont revenus au bout de 4 ou 5 semaines. On ne connait pas le but de cette fuite vers un village qui était à la frontière franco-allemande, et qui était occupé !

 

Quelques semaines après la bataille de la Marne et la course à la mer, c’est le début de la guerre des tranchées. La ligne de front fait 700 km de long: elle va de la frontière suisse à la mer du Nord. A partir d’octobre 1914, elle est infranchissable d'un bout à l'autre.

 

Cependant, assez rapidement, les Allemands organisent des rapatriements de civils habitant les régions envahies. Avec le début des difficultés alimentaires, ces évacuations permettent de réduire le nombre de bouches inutiles : jeunes enfants, vieillards, femmes. Dans certaines régions, des habitants recoivent l'ordre de partir. A Mercy-le-Haut, il semble que les évacuations se faisaient sur la base du volontariat: voir dans la catégorie TEMOIGNAGES le récit de l'abbé MARTIN, de Fillières, qui raconte son voyage de retour.

 

Avec l’accord de la Croix Rouge suisse, des trains amènent des civils des régions envahies vers la France, en passant par la Suisse : ces trains partent des régions envahies, se dirigent vers Strasbourg, longent le Rhin, rentrent en Suisse à Schaffhouse. De là, les trains traversent la Suisse et arrivent à Genève.

 

Refugies parcours C.jpgLes convois contournent la ligne de front en passant par la Suisse

 

A Genève, les réfugiés descendent du train. Après avoir été accueillis et restaurés par la Croix-Rouge suisse, ils traversent la frontière franco-suisse à Annemasse.

 

Réfugiés à Geneve Illustration.jpgSource: le site www.14-18.ch 

 

A Annemasse, les réfugiés sont accueillis par plusieurs organisations. Ils sont ensuite envoyés dans toutes les régions de France, selon les possibilités d’accueil ou la présence de famille ou d’amis susceptibles de les accueillir.

 

 

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Arrivée d'un convoi de réfugiés. Un officier retrouve ses enfants.

 

On trouvera dans ce site, catégorie TEMOIGNAGES, le récit du voyage de l'abbé MARTIN, de Fillières: en mai 1915, il a embarqué dans un convoi d'évacués à la gare d'Audun-le-Roman; il est passé par Strasbourg, Schaffhouse, Genève, Annemasse. De là, il a pris un train pour Nancy, à seulement 100 km de son point de départ !

 

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Le bureau d’accueil d’Annemasse créé par le Bulletin de Meurthe-et-Moselle

 

 

Les premiers réfugiés de Mercy-le-Haut ou Boudrezy qui sont enregistrés dans le Bulletin de Meurthe-et-Moselle sont cités dans le numéro du 7 décembre 1914. Les réfugiés sont: Mme BOULANGER, M. DEHAN, M ou Mme LEMAIRE, M ou Mme AUBERTEIN, M ou Mme JACQUINET, M ou Mme OENSTREICHER, Mme GANDRILLE, Henri SABOURET.

 

 

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Source : bulletin n°2 de Meurthe et Moselle, daté 7 décembre 1914

 

Madame GANDRILLE est rejointe rapidement par 2 demoiselles Louise et Jeanne GANDRILLE (ses filles ?) :

 

 

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Source : bulletin n°9 de Meurthe et Moselle, daté 25 janvier 1915

 

Au même moment, Abel GUIDON lance un avis de recherche de sa femme. Abel GUIDON est le mari d'Eglantine GUIDON (née PANA), et le père de la petite Renée Augustine, tuées toutes les deux le 22 août à Mercy-le-Haut dans la maison L’HUILLER. Abel GUIDON ignore encore ce qui s'est passé à Mercy-le-Haut :

 

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Source : bulletin n°9 de Meurthe et Moselle, daté 25 janvier 1915

 

Quelques semaines plus tard, Abel GUIDON donne son adresse. On ne sait pas si, à ce moment-là, il est informé du décès de sa femme et de sa fille. Dans le même bulletin, J.B. DAGOT, Adrien GEORGES, et Ginest (? ou Ernest ?) RICHARD, tous réfugiés de Mercy-le-Haut, donnent leur adresse. Ils ont choisi de venir à Nancy, à moins de 100 km de Mercy-le-Haut, mais de l'autre côté du front:

 

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Source : bulletin n°20 de Meurthe et Moselle, daté 13 avril 1915

 

Au même moment, 3 autres réfugiées de Mercy font savoir qu’elles sont à Paris. Les familles LEGER et LEMAIRE sont apparentées. Clémence LEMAIRE a 44 ans.

 

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Source : bulletin n°19 de Meurthe et Moselle, daté 5 avril 1915

 

A ce moment-là, les convois arrivent nombreux à Annemasse : environ un par jour, avec plus de 400 réfugiés par convoi.

 

Le convoi du 14 mai au soir arrive à Annemasse avec près de 200 réfugiés originaires de la région de Briey et Longwy. François VORVAL, habitant de Boudrezy âgé de 65 ans, se trouve dans ce convoi. C’est le seul habitant de la commune de Mercy-le-Haut dans ce convoi. Il reste (provisoirement ?) à Annemasse.

 

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Source : bulletin n°31 de Meurthe et Moselle, daté 25 mai 1915

 

Deux jours plus tard, Marie LINET et ses deux enfants Lucien et Antoinette arrivent à Annemasse par le convoi du 16 mai au matin. Elles sont dirigées sur Nîmes. Ce sont les seuls habitants de Mercy-le-Haut dans ce convoi, qui transporte de nombreux habitants d’Audun-le-Roman, Mercy-le-Bas, Pierrepont, Baslieux.

 

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Source : bulletin n°33 de Meurthe et Moselle, daté 1er juin 1915

 

Le lendemain, par le convoi du 17 mai au soir, arrive Odile BASTIEN, une autre réfugiée de Mercy-le-Haut. Elle est dirigée vers Toulouse :

 

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Source : bulletin n°33 de Meurthe et Moselle, daté 1er juin 1915

 

Le bulletin du 18 juin 1915 annonce l’arrivée de Jean-Baptiste SABOURET. Celui-ci se rend à Paris chez Gaston JACOB (un parent ?) :

 

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Source : bulletin n°38 de Meurthe et Moselle, daté 18 juin 1915

 

Le 7 janvier 1916, un convoi arrive à Annemasse avec plusieurs réfugiés de Mercy-le-Haut et des environs:

 

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Bulletin de Meurthe-et-Moselle du 18 janvier 1916

 

La petite Claire GUIDON, 2 ans, est la fille de Eglantine GUIDON, tuée dans la maison L'HUILLIER le 22 août 1914 au soir, à la fin des combats à Mercy-le-Haut. Elle a survécu miraculeusement aux tirs, protégée par les corps des victimes (Voir le témoignage de la fille de Mme Ruer). Son père Abel GUIDON n'est pas à Mercy-le-Haut: il est de l'autre côté du front, en France libre. Les habitants de Mercy-le-Haut ont pris en charge la petite fille pendant l'année 1915, et l'ont confié à une personne évacuée en France par le convoi du 7 janvier 1916. Cette personne est très probablement Marie CAZIN, veuve, née HURLAUX, qui se trouve dans le même convoi.

Lina, la fille de Marie CAZIN, est handicapée: sourde et muette. Marie CAZIN a pris également en charge 3 enfants HURLAUX.

Se trouvent également dans ce convoi: Jean-Baptiste ESCOIT et Elie PIZEL.

Quelques jours plus tard, les réfugiés sont envoyés dans différentes localités dans le sud de la France. Marie CAZIN garde avec elle les 3 enfants HURLAUX.

Marie GUERVILLE est évacuée en Charente. C'est probablement la mère (ou la soeur) du jeune Maurice GUERVILLE, tué par les Allemands le 23 août 1914, au lendemain de la bataille de Mercy-le-Haut. En 1914, Monsieur GUERVILLE, ingénieur des mines, résidait à Mercy-le-Haut afin d'étudier un projet de mines de fer. 

 

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Bulletin de Meurthe-et-Moselle du 8 février 1916

 

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Bulletin de Meurthe-et-Moselle du 15 février 1916

 

A partir de mars 1916, les annonces concernent surtout des changements d'adresse, ou des avis de recherche. C'est notamment le cas pour Odile BASTIEN, née TABAILLON. On ne note aucune nouvelle arrivée de réfugié à Annemasse. On remarque que les 3 enfants HURLAUX sont identifiés sous le nom de CAZIN.

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Bulletin de Meurthe-et-Moselle du 7 mars 1916

 

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Bulletin de Meurthe-et-Moselle du 28 mars 1916

 

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Bulletin de Meurthe-et-Moselle du 4 mars 1917

 

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Bulletin de Meurthe-et-Moselle du 30 septembre 1917

 

 En novembre 1916, Agustine ADAM, de Boudrezy, est recherchée. On ne sait pas si elle est restée à Boudrezy, ou si elle est réfugiée en France libre.

 

avis recherche Aimée X Bulletin 12 nov 1916.png

Bulletin de Meurthe-et-Moselle du 12 novembre 1916

 

 

A SUIVRE: l'exploitation du bulletin de Meurthe-et-Moselle pour les années 1917 et 1918 est en cours.

 

A SUIVRE .....



05/11/2014

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